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Une œuvre de Banksy s’autodétruit après avoir été vendue aux enchères

L’art éphémère, ou comment Banksy réalise un troll magistral dans l’histoire de l’art et montre que ses œuvres n’ont pas de prix.

Lors d’une vente aux enchères organisée à Londres ce vendredi 5 octobre, La Petite Fille au ballon rouge, œuvre culte de Banksy, s’est automatiquement découpée en morceaux juste après avoir été vendue à 1,4 million de livres – soit près de 1,2 million d’euros, commission incluse.

La maison Sotheby’s de la capitale anglaise réalisait alors une enchère de grande ampleur, pour une œuvre initialement estimée entre 230 000 et 341 000 euros. Jusqu’à ce que Banksy, visiblement derrière ce troll de génie, ne surprenne l’audience…

« Banksy est un formidable as du marketing faute d’être un grand artiste. On en fait tout un foin. Il ne le mérite pas»

 

Une fois l’enchère conclue, une alarme sonne et un mécanisme discrètement placé au bas du tableau permet à la toile de glisser de son cadre tout en se découpant en petites lamelles : la petite fille se retrouve alors broyée, et seul le ballon rouge, situé dans la partie haute de l’œuvre, reste intact dans son cadre. Le tout devant les regards stupéfaits du public.

Du jamais vu pour la maison Sotheby’s – “Nous avons été Banksyés” – alors qu’elle réalisait là un record de vente pour l’artiste. “Surpris” par ce canular, l’acheteur du tableau a désormais deux options : l’annulation de la vente, ou le maintien de celle-ci avec une œuvre qui pourrait prendre encore plus de valeur après le destin qu’elle a connu.

La maison d’enchères était-elle au courant ?

Officiellement, la maison d’enchères n’était pas au courant. “On dirait que l’on vient de se faire ‘Bankser'”, avait affirmé vendredi Alex Branczik un responsable de la maison d’enchères américaine, juste après la destruction du tableau. Sur le site The Art Newspaper, il avait également assuré ne pas avoir été averti du canular et il a confirmé ses dires dimanche. Sur FranceInfo, Nicolas Laugero Lasserre, directeur de l’Icart et spécialiste du street-art, estime l’ignorance de Sotheby’s tout à fait plausible.

“Ce serait beaucoup trop de responsabilités à porter vis à vis des acheteurs”, estime cet expert, ajoutant que le risque juridique pour la maison d’enchères est trop important. “Elle est cotée en bourse et le client, qui était prêt à dépenser plus d’un million d’euros, pourrait se retourner contre eux”.

Pour autant, tous les spécialistes ne sont pas du même avis. Dans Le Figaro, un marchand d’art moderne estime que Sotheby’s était forcément au courant de la supercherie. Il fait remarquer que la scène a été très bien filmée alors qu’elle était censée être surprenante. Par ailleurs, le tableau était placé exactement au-dessus de l’enseigne de Sotheby’s. De fait, son logo apparaît sur toutes les photos prises lors de la destruction du tableau.

Par ailleurs, un collectionneur rappelle au Figaro que chaque oeuvre mise en vente doit être accompagnée d’un rapport sur l’état de l’oeuvre. Cela évite que des “faux” soient mis en circulation. Pour faire ce rapport, la maison d’enchères est censée désencadrer l’oeuvre, la vérifier avec minutie. Or sur le catalogue, l’oeuvre apparaît avec son cadre. Banksy aurait refusé de le faire enlever. Selon le spécialiste, il est très étonnant que Sotheby’s ait accepté une telle requête de l’artiste. “Cela veut dire aussi que n’importe quelle œuvre pourrait rentrer dans les locaux de Sotheby’s, passer à travers les mailles du filet, avec n’importe quel explosif à l’intérieur”, pointe-t-il dans Le Figaro.

L’acheteur était-il un complice ?

Quant à l’acheteur, aurait-il pu être au courant d’une telle supercherie ? “Nous avons parlé avec l’acheteur, qui a été surpris par cette histoire. Nous sommes en discussion quant aux prochaines étapes”, a déclaré samedi la maison d’enchères dans un communiqué publié dans le Financial Times.

Si peu de spécialistes se prononcent sur la possible complicité de l’acheteur avec l’artiste, ils s’accordent à dire que cet achat risque d’être une aubaine pour l’acquéreur. Pour Joey Syer, cofondateur de la plateforme en ligne MyArtBroker, interrogé par le Dailymail, le déchiquetage du tableau et l’attention médiatique qui en a découlé peut faire grimper en flèche la valeur du tableau. “Le tableau fait maintenant partie de l’histoire de l’art à l’état déchiqueté. Sa valeur a augmenté d’au moins 50 %”.

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