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Le danseur Rochdi Belgasmi dérange …

Rochdi belgasmi est un jeune danseur et chorégraphe tunisien. Il ne passe pas inaperçu sur scène. Il a su utiliser la danse comme une arme pour combattre les préjugés et les idées reçues.

On peut le qualifier comme artiste, innovateur, dynamique mais surtout PROVOCATUR.

Pourquoi cette envie de danser ?

Ce n’est pas une envie, c’est une évidence. C’est presque vital. Si je n’étais pas danseur, au final je serais danseur.

Le vrai déclic qui m’a fait comprendre que je ne me voyais pas faire un autre métier c’est quand j’ai constaté que la danse était mal-vue et marginalisée par une grande partie de la société. Il faut savoir que je suis de nature têtu et obstiné. Mais surtout que je suis provocateur et j’adore relever les défis et ce depuis mon jeune âge. J’ai appris à ne pas suivre le mouvement.

 

Ta famille t’a encouragé ?

L’entourage m’a encouragé dans cette voie y compris mon père. Chez nous, lors des mariages, il n’y a pas de séparation entre l’univers homme et femme. La femme occupe une place très importante.

                

Les gens vont se dire que tout le monde danse surtout lors des mariages, c’est facile de faire un tel métier

Bien sûr, il y a une différence. Même ma famille m’a fait cette remarque. En effet, au départ, mon entourage m’a dit « à quoi ça sert d’en faire un métier, ça ne va pas te faire gagner ta vie ». Leur refus était plus un souci d’argent et non un souci de valeurs ou de principes.

A l’heure actuelle, ma famille est heureuse et fière de moi car je suis allé au bout de ma passion. Je ne fais que la danse et c’est grâce à ça que je vis.

Pour moi, c’est une bonne revanche et une manière de prouver que la danse est un métier qui se respecte.

De plus, les gens croient que c’est facile de danser et ils vont se dire même au mariage on danse.

Sauf qu’il y a une grande différence entre les danses spontanées et les danses expressives. Il faut savoir que préparer un spectacle nécessite au moins 6 mois. La danse ça s’écrit. Elle représente un travail acharné. Elle se crée, se prépare et se répète pour obtenir un résultat parfait. Les danseurs suivent une hygiène de vie. On se lève tôt. Il y a une discipline et une rigueur à suivre.

      

A travers vos spectacles, vous honorez la femme. Vous lui rendez hommage mais à votre manière ?

Au-delà de la danse, il ya un message que j veux faire passer : celui d’honorer la femme.
Au départ, j vous avoue que le corps de la femme m’inspirait. Puis, je me suis rendu compte qu’il n ya pas réellement de différence entre le corps de la femme et celui de l’homme. Ce sont uniquement de fausses frontières que notre culture et notre société ont instauré. J’ai toujours du mal à accepter le divorce entre le corps féminin et masculin car en danse il n’y a qu’une seule couleur de mouvement. C’est plutôt l’interprétation qui diffère.
Mon travail consiste à casser cette image et montrer qu’il existe un troisième corps. Un corps où les deux sexes peuvent s’identifier facilement.
D’ailleurs, mon travail est basé sur l’ambigüité. J’aime bien faire susciter des interrogations chez les gens.

Vos danseuses préférées ?

Mon premier déclic était en 2011. Non seulement cette date correspond à celle de la révolution qui avait un effet libérateur et ma rencontre avec Khira Oubaiedallah.

Quand la révolution est survenue, mon corps s’est métamorphosé et s’est libéré.
Certes, l’art populaire existait avant 2011, mais il était banni et rejeté par le système politique. Ce rejet ne signifie pas qu’il s’agissait d’une minorité bien au contraire puisque le peuple adorait « Habouba et Farzite ».

Quand je dis que l’état marginalisé cette danse, je veux dire qu’il y a absence totale de subventions et d’espaces où les artistes pouvaient se produire.
Et puis, ma rencontre avec la diva « Khira » était spontanée. Cette icone de la danse était l’une des fondatrices de la troupe nationale des arts populaires. Elle a vu n moi que j’avais cette envie d’apprendre. 2 ans après, j’ai fait mon 1er solo intitulé « Zoufri » qui est ma première expérience mature dans ce domaine.

Pourquoi cette appellation « Zoufri » ?

Premièrement, comme je l’ai mentionné auparavant j suis provocateur de nature.
J’ai trouvé qu’il y avait une comparaison entre les termes « Zoufri » et « Ragas ». D’une part, « Zoufr »i est un mot qui signifie ouvrier et il porte des connotations péjoratives et d’autre part « Ragas » qui signifie danseur mais qui a un effet négatif. Je voulais monter un spectacle et prendre le terme « Zoufri » comme prétexte pour parler de « Ragas » car ce mot était utilisé pour désigner les artistes populaires et je voulais supprimer cette image péjorative et plaider la cause des chanteurs, acteurs, danseurs, tous ceux qui faisaient ce métier. A travers mon spectacle, je provoque la classe conservatrice, la bourgeoisie et la culture savante.
Le spectacle continue sa tournée.

La société comment perçoit elle ton art ?

Les gens commencent à comprendre mon art et que j’ai un background. Je ne viens pas seulement pour danser. A travers mon art, j’essaye de faire passer plusieurs messages.
Je saisis les occasions lors de mes apparitions à la télé et à la radio pour expliquer aux gens ce que je fais réellement. Je leur explique mon travail. Les gens qui viennent me voir arrivent à avoir une idée su ce que je fais. Par contre, ceux qui me regardent à la télé ont encore du mal avec mon art et me rejette. Et c’est sur cette partie de la société que je dois me pencher.
Au départ, j’ai choqué un certain nombre de personne. Du coup, je les ai perdu mais mon challenge est de convaincre cette bonne partie qui me résiste encore.

                   

Lors de votre apparition dans l’émission de Amine Gara, la chroniqueuse vous a manqué de respect. Est-ce une preuve d’intolérance mêlée à de l’ignorance artistique et intellectuelle ?

Il ya des critiques constructives mais ce qu’elle a fait c’était un manque de respect.
D’habitude, je suis une personne insolente mais à la télé il ne faut pas jouer cette carte là et il faut être intelligent. Je n’ai pas riposté. Pendant un lapse de temps, je me suis posé la question : est ce que je réponds à sa manière ou bien je laisse les gens répondre à ma place. J’étais sûr que Mariem Dabbegh est tombée dans le piège. Ils voulaient me provoquer pour que je réagisse. J’étais resté de marbre et j’ai continué l’émission comme si tout était normal. J’aurais pu lui répondre, mais il faut savoir que dans ce genre d’émission, il ne te laisse pas le temps de répondre. En plus je voulais que les gens voient son visage mesquin, cette laideur et cette haine qu’elle avait en elle. Indirectement, elle a plaidé ma cause indirectement avec son comportement.

Suite à ça, les gens commencent à s’intéresser à mon art et à se poser des questions.
J’ai posté un statut pou dire que j’ai regretté d’avoir participé. Sachant que j’ai refusé à deux ou trois reprises de participer à cette émission. Mais cette fois, ils m’ont garanti que j’aillais être bien traité et bien accueilli. Malheureusement, ce n’était pas le cas. Tout le monde sur le plateau a mis en valeur et a respecté mon art sauf ELLE. Elle était leur pion, c’était leur carte pou me provoquer. Les termes qu’elle a sorti « Je ne trouve pas ça classe du tout. La vérité, je trouve ça dégueulasse. C’est mon choix ! Un homme qui danse comme une femme, je n’aime pas. » Elle ajoute :

« Je ne peux pas voir un homme danser comme une femme ».

Chams Eddine était étonné comme tout le monde d’ailleurs et il lui a dit « moi aussi je danse ». Elle lui a répondu que lui ce qu’il faisait ça n’a rien à voir.
Sachant que Chams Eddine assume plus le corps féminin alors que moi pas encore. Elle est rentée dans une comparaison absurde et ça démontre sa schizophrénie. Sa réaction montre qu’elle est à la recherche du «  buzz » plutôt du « Bad Buzz ». Elle le fait à chaque fois, elle est le centre des problèmes.
Je vous avoue que je suis resté environ une heure dans les loges à attendre mon tour. J’ai exigé que je ne voulais pas participer à leur jeu. Ils ont essayé d manipulé mais je ne me suis pas laissé faire. D’où le statut que j’ai mis sur les réseaux sociaux, c’était une sorte de garantie pour moi pou qu’il ne coupe rien au montage. Car à la base, la production, voulait supprimer tous ses propos.

Est ce que c’est vrai que la production en collaboration avec Amine Gara ont décidé de tout montrer lors de l’émission ?

 

Si Amine Gara a déclaré qu’avec la production, ils ont décidé de laisser l’émission telle qu’elle est, je peux vous dire qu’ils mentent. En fait, suite à ma publication, la production m’a appelé pour me dire qu’ils sont fâchés contre moi tout comme l’animateur. Je leur ai répondu que je voulais les mettre sur le fait accompli et ainsi ils montrent au public ce qui s’est réellement passé.

Je veux préciser que c’était ma décision de ne rien censurer de cette émission et non le contraire. Et malgré ça, ils ont réussi à enlever un terme.

Je pense, vous avez constaté que quand elle a commencé à insulter j’ai arrêté de danser et c’est à ce moment là qu’il y a un bonne partie qui a tété coupée vu que directement vous m’avez vu assis directement. Je remercie « Ba3louch » qu’il lui a dit pourquoi « kelmet g3ar ».

On t’a vu également lors d’un reportage de l’émission « Salut les terriens » sur C8 présentée par Thierry Ardisson, la chroniqueuse Monia Kashmire a donné des informations erronées ont été relayées tout au long de la rubrique. Eux non plus n’ont pas compris ton art ?

           

Justement, tout le long du reportage j’ai insisté à ce que mon art ne soit pas associé ni à la dans orientale ni à la dans du ventre. Au départ, elle était d’accord sur ce principe mais je pense ça s’est joué comme d’habitude au niveau du montage.

Comparé à mon apparition sur la chaine tunisienne, j’ai aimé un pu c qu’ils ont fait mais ça n’empêche que je suis un peu déçu. Ils ont projeté leur propre image de la danse populaire tunisienne en l’associant à la danse orientale.
Pendant le tournage, j’ai mentionné que j’ai été élu « artiste de l’année 2017 » par quelques magazines mais ils ont détourné ça à leur propre manière pour me décrire comme étant «la personnalité préférée des Tunisiens ».

Le reportage commence avec cette phrase : « Rochdi, le seul homme dans le monde arabe à pratiquer la danse orientale », je comprends aussi la réaction des gens qui n’ont pas apprécié cette phrase. Si j’étais à leur place, j’aurai sans doute la même réaction.

Au final,” J’ai plus apprécié mon apparition dans l’émission de Thierry Ardisson que celle d’Amine Gara car ils on plus fait preuve de respect. “

Et si Amine Gara t’invite à nouveau, T’accepterais son invitation ?

Bien sûr, j’accepterai cette invitation car j’ai pas mal de choses à dire concernant l’émission et je veux aussi par la même occasion comprendre sa réaction et pourquoi il est contrarié. J’ai reçu un coup fil de la prod qui a duré environ une demi heure. La personne que j’ai eue au bout du fil se mêle de ce que je dis ou je fais mais le plus important je veux savoir qu’est ce qu’elle fait cette chroniqueuse dans cette émission ? Quel est son rôle ? D’où elle vient et qu’est ce qu’elle rapporte à votre émission ?
Car avec elle, on tombe dans la médiocrité. Pour moi, Meriem Dabbegh est une intruse et elle a montré via se propos qu’elle n’a pas de bagage.

Tes projets ?

Avant d’ouvrir une école de danse, je veux voyager pou promouvoir mon art. J suis entrain de monter un projet avec une grande danseuse « Khadhra ». La rencontre entre deux générations enrichira mon travail. Je vais peut être mettre en place un spectacle avec un danseur de flamenco pour 2019.

La danse a t- elle un avenir en Tunisie ?

Avant la danse est associée à la femme tout comme la cuisine ou encore le stylisme. Mais ceux qui excellent dans ce domaine, ce sont les hommes. De plus en plus, les jeunes s’intéressent à la danse. Bon disons que la danse tunisienne, je suis le seul qui s’intéresse à ce style.

J’aimerai bien créer un mouvement pour valoriser cette danse par exemple l’enseigner aux salles de sport et à l’INEPS et le retour de la troupe nationale sur nos chaines. Les clubs de danse commencent à enseigner cette danse populaire.

Les médias dont vous faites partie s’intéresse à ce que je fais et me donne l’occasion de l’expliquer.

Même l’état commence à subventionner les spectacles de danses et leur donne des espaces pou se produire.

Ton message aux jeunes ?

Je les encourage à poursuivre leurs rêves, de croire en eux et de leurs capacités. Chacun de nous a un talent, un don il faut juste prendre le temps de le découvrir. Il faut se battre pour ses convictions.

Je suis optimiste concernant l’avenir de la Tunisie.

Par GUESMI.K

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