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Allah By Night de “Mettani” vous conduira jusqu’à la planète DIEU !!

Le deuxième extrait de l’album Divine, Allah By Night, est une musique poétique dans laquelle Mettani se pose plusieurs questions et s’engage dans un voyage qui le conduira  jusqu’à la planète Dieu. Il subira un rituel de passage cosmique.

C’est avec un Bonjour, comment ça va ? très amical que Ahmed Ayed et Amine Mettani nous accueillent chez eux. Non, nous n’avons pas pu faire le déplacement (vu que Mettani est à Lyon et ahmed est à Bruxelles), mais les merveilles de la technologie d’aujourd’hui font que nous avons pu les interviewer à distance pour la sortie de cet extrait. Les jeunes artistes ont donc chaleureusement accepté de répondre à nos questions sans langue de bois.

  Présentez vous et parez nous de votre parcours?

Ahmed Ayed: Je suis un metteur en scène, comédien et réalisateur tunisien. Je vis et travaille à Bruxelles, où j’ai fondé les collectifs Arbatache et Illicium.

D’abord danseur puis chorégraphe, j’ai quitté mon pays natal en 2007 pour suivre une formation d’acteur. J’ai effectué en scène une interprétation libre de l’œuvre de Lewis Caroll, “Alice”, où je développe des techniques de jeu inédites ainsi qu’un univers singulier.

J’ai enchaîné quelques projets avec le collectif Arbatache : ” Hotel Europa ” de Goran Stefanovski, ” Aura Popularis ” de Dominique Bréda, ainsi que des créations collectives dont la dernière en date, “Sweet Home”, mais également des projets plus personnels comme l’adaptation de “Peer Grynt” ou la performance déambulatoire ” Twachwich/ Chuchotements”. J’utilise le corps et la matière plastique comme éléments principaux de mon travail. J’ai réalisé en 2016 le clip « Dawri » pour l’artiste tunisien Ghoula, véritable succès sur la toile (plus de 700 000 vues sur YouTube), et nominé pour les Arab Nation Music Awards.

Amine: Je suis compositeur de musique électronique. Je suis franco-tunisien. Je puise mon inspiration dans les rituels de guérison nord-africains, qui font le pont entre possession animiste et transe mystique. Ma musique est sombre et spirituelle, brutale et poétique.

Sous cette identité, j’ai crée le collectif Arabstazy et j’ai réuni musiciens, photographes et vidéastes afin d’explorer les représentations archétypales du Monde Arabe. Le collectif organise et participe à de nombreux événements en Europe et en Méditerrannée. J’ai collaboré avec de nombreux artistes comme Deena Abdelwahed, Ghoula, Tropikal Camel ou encore Emel Mathlouthi dont j’ai co-produit le deuxième album “Ensen”. Je suis également le co-fondateur du label de “musiques du tiers-monde” Shouka.

– Pourquoi avoir choisi ce titre “Allah By Night”?

Amine: L’idée est venue quand je suis parti à Sousse. On était perdu. Puis, on a rencontré un homme qui nous a guidé. A un moment donné, on est passé à côté d’une mosquée et on a entendu l’appel à la prière. Et c’est de là, ce morcéeau est né.

– Vous n’avez pas peur des représailles d’un tel morceau? Que vous créez une polémique?

Ahmed: Je trouve que c’est bien de parler de religion. C’est le pilier de notre culture, celui des artistes tunisiens. Ça fait partie de notre patrimoine.

C’est le rapport entre la vie et la croyance divine de la société. Certes, ça va heurter quelques esprits. Mais, il n’y a pas de blasphèmes.

Amine: Dans ce morceau, il n’y a pas de pas de mots mais uniquement un chant. Pour moi, il n’y a pas de volonté ni pour choquer ou pour provoquer. Néanmoins, j’ai conscience que les gens vont l’interpréter selon leur propre manière et je n suis pas responsable de ce qu’ils vont penser ou comment vont réagir face à ce morceau.

– L’année dernière il y a eu un incident avec Dax J, DJ britannique installé à Berlin qui a remixé l’appel à la prière, qu’en pensez-vous?

Alors ce qu’il a fait, c’était déplacé surtout face à un public inculte et hypocrite puisqu’on le sait tous, une boite de nuit sert de l’alcool.

Ce qui est important, c’est la profondeur et la façon dont ça va raisonner. Il n’y a aucun message derrière, ça va juste stimuler leur imagination. Je vous avoue que je suis complètement à l’aise avec cette musique.

– On veut savoir d’où est venue l’idée du clip, le tournage…?

Amine: Ahmed connaît très bien mon univers. On a bien discuté. C’est un échange d’idées sans que chacun s’immisce dans le travail de l’autre. Il en résulte ainsi le choix du clip, le choix de la couleur sombre (le noir) qui évoque l’absence de la lumière. Le clip est un voyage qui se termine dans un bain de lumière. Il illustre la recherche du Sacré dans l’obscurité, aboutissant à l’abolition de soi pour accéder au Divin.

Ahmed Ayed: “Light is absurd, darkness is faith” (Claudia Castellucci). Cette citation correspond parfaitement à ce titre. La question qu’on se pose tous, c’est quoi l’essence divine? On est à la recherche de la porte divine dans le travail artistique. Dieu se manifeste par son absence, autrement dit l’existence de dieu réside dans son absence.

Au départ, on peut voir qu’il y a une première couche qui s’enlève. Il s’agit d’une métamorphose pour accueillir l’essence Divine. Et tout au long du clip, d’autres couches sont retirées (la mue comme chez les serpents). C’est l’étape de la purification pour renaître à nouveau et chercher ainsi le sacré à l’intérieur de lui. L’homme se recherche pour se retrouver et cette fois-ci sans matière physique. Dieu existe dans un monde de l’anti-matière, l’invisible, les ténèbres…Rechercher dieu dans l’obscurité et non dans la lumière. Comme vous le voyez, l’idée est mystique. En effet, on a l’impression qu’au fond de nous il existe un monde, tout un univers. Cette métamorphose permet ainsi d’effacer tous ces préjugés et les idées reçues.

Amine: Il faut comprendre que ce personnage n’incarne ni le mal, ni le bien, ni l’absence, ni la présence mais seulement l’inconnu. Il faut sortir de note zone de confort celle de la lumière. Il faut traverser le noir et chercher dans cette obscurité. Elle conduit celui qui la cherche à opérer une conversion du regard. Les gens qui vont regarder ce clip, auront différentes réactions. Ceci montre tout simplement que ça a touché quelque chose chez eux. On se découvre et ça émerge une information sur ce qu’on est sur notre personnalité.

– Est ce que vous allez jouer ce morceau en Tunisie?

Amine: Ce morceau a été déjà joué en Tunisie il y a 4 ans. C’est un travail de longue date mais je l’ai retravaillé et adapté à l’esprit et au rythme du clip. Il y a un mélange très subtile de plusieurs instruments.

Ce projet a gardé le même esprit puisque l’équipe en elle même incarne le mélange et le partage.

Ahmed Ayed: On s’est entouré de collaborateurs tels que Byram Tunez, plasticien tuniso-belge, ainsi que le directeur de photographie Quentin Devillers, et la créatrice Anna Galy qui a réalisé les costumes du clip.

– Votre mot de la fin?

Ahmed Ayed: Cette collaboration s’inscrit dans le contexte d’une nouvelle vague d’artistes Tunisiens à la vision singulière et personnelle, créative et consciente de sa représentation, qui immerge ses racines dans le futur. Il est important pour nous de rappeler qu’il n’est pas nécessaire d’amputer une partie de son héritage pour affirmer sa singularité, à une époque où l’ignorance nourrit un obscurantisme père d’inquiétants replis identitaires.

Amine Mettani:  Comme Ahmed l’a mentionné, on fait partie d’une génération d’artistes très créatifs. J’espère qu’on nous laisse œuvrer et mener notre vie et notre art.

– Vos projets?

Ahmed  Ayed: Un nouveau projet avec Sofiene Ben Youssef.  Le nom est “Ammar 808”. Je travaille également sur un court métrage de danse et je continue à faire du théâtre à Bruxelles.

Amine:  Je prépare une compilation qui regroupe une 20aine d’artistes du monde arabe mettant à mal les clichés orientalistes contemporains, à paraître en Avril sous la double étiquette Shouka/Arabstazy, et titrée “Under Frustration”.

On vous annonce que l’extrait “Allah By Night” est sorti ce lundi 19 février et vous pouvez le regarder. Tout au long de ce clip, vous allez plonger dans une dimension intersidérale.

Par GUESMI.K

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