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Icônes et fonctionnalités rivalisent d’inventivité sur les réseaux sociaux. Et s’enrichissent régulièrement.

La jeune photographe perchée et néanmoins ultra-talentueuse Alice Moitié a récemment posté sur sa story Instagram un selfie, mood boudeuse, avec ce sondage :“Do I like ?”

Réponse au choix, inventée par l’intéressée : “Skater boy ou Poor Girl from 1915”. Ces sondages sur les stories d’Instagram (ces instantanés du quotidien postés en photo et qui s’effacent au bout de vingt-quatre heures) sont le dernier dada des ados (l’adolescence pouvant se prolonger, smartphone en main, jusqu’à 45 ans).

On fait une photo et, avec l’icône carrée en haut à droite, on prend le pouls de sa plastique ou on pose une question à deux réponses au choix (la plus basique étant oui ou non). Après la dictature des “like”, l’assaut des sondeurs. Et toujours ce même besoin de tester sa popularité. Pour Instagram, c’est aussi une manière de damer le pion au ludique et clownesque Snapchat. Comme toujours, il y a deux façons de regarder la chose. Dédramatiser et voir cela comme un gadget ou crier à la dictature de l’autoévaluation, d’autant que la plupart des usagers ignorent que les votants sont identifiables sur la liste des utilisateurs de ladite story.

Un vocabulaire qui “s’enrichit”

Autre innovation qui vient élargir la palette ludique : les émojis dernier cri, qui débarquent sur les téléphones comme autant de mots entrant dans le Robert. Au moment même de la sortie en salle du dessin animé Sony Pictures Le Monde secret des émojis. Depuis leur création en 1999, la gamme s’enrichit régulièrement pour coller à nos tics de langage et à notre société.

Apple a dévoilé les siens le 6 octobre pour sa nouvelle version d’iOS 11.1 Et ceux de WhatsApp y ressemblent comme deux gouttes d’eau. Sur l’iPhone, on trouvera une femme voilée, une maman qui allaite, un yogi qui médite… Autant de dessins censés répondre aux carences de représentativité de notre société, tous validés par un même organisme, le Consortium Unicode. On trouvera aussi (moins sociologique) un dinosaure vert, un zèbre, un hérisson et des images inquiétantes pour notre bien-être quotidien : un émoji au cerveau en surchauffe, un qui vomit…

Lors du dernier Emoji Day, en juillet, on apprenait par Facebook, autre pourvoyeur d’émojis, que 60 millions d’icônes seraient échangées chaque jour sur le réseau et 5 milliards via Messenger, le service de messagerie de l’appli. Les émojis entrent même au musée. Un mur des premiers caractères, imaginé par l’artiste Shigetaka Kurita, leur créateur, à la fin des années 90, fait partie de la prochaine expo “Etre moderne : le MoMA à Paris”, à la Fondation Louis Vuitton. Ça y est, vous allez dégainer l’émoji cerveau en surchauffe et sonder vos amis : “Le droit à la déconnexion, on l’applique ou pas ?”

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