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3 jeunes créateurs qui secouent la mode masculine

 A 25 ans, ils font souffler un vent frais sur le vestiaire des hommes, tantôt frivole, cinématographique ou politique.

Si elle est porteuse en termes économiques, la mode masculine façonnée par les grandes maisons a tendance à recycler le même vocabulaire : structure tailleur, ajouts sportswear, couleurs sages, sneakers de course ou souliers vernis… Derrière, arrive pourtant une jeune génération bien décidée à briser les habitudes, à pousser plus loin la confusion des genres, le sous-texte sexuel ou l’engagement sociétal. Grazia met en lumière le travail particulièrement intéressant de trois d’entre eux : Alejandro Gómez Palomo, Daniel W. Fletcher et Ludovic de Saint-Sernin.

Né à Cordoue il y a 24 ans, l’Espagnol Alejandro Gómez Palomo est passé par le London College of Fashion, dont il est sorti diplômé en 2015. Sa collection de fin d’études, intitulée « Je t’aime moi non plus » lui vaut immédiatement la reconnaissance des initiés et il fonde, dans la foulée, sa propre marque, Palomo Spain. Tops à sequins, chemises à froufrous, imprimés floraux kitsch, pampilles, tuniques en dentelle, grands chapeaux extravagants, bottes métallisées ou panthère… Il recycle à l’envi la garde-robe d’une bourgeoise madrilène excentrique des années 1970 et en fait un nouvel uniforme pop porté par des garçons assurés.

Les silhouettes mixent tout et n’importe quoi : la robe de chambre à plumes se porte ainsi avec des cuissardes lacées et un slip ultra-moulant. On pense forcément aux personnages lookés au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodovar (Rossy de Palma, actrice récurrente, a d’ailleurs défilé pour le jeune prodige). Cet admirateur de la rigueur de Saint Laurent et des folies du Galliano sous substance de la période Dior a connu un boum cet été. Beyoncé a choisi une de ses tenues fleuries en organza de soie pour présenter ses jumeaux à ses plus de 100 millions d’abonnés. Un sacré coup de main pour percer.

Lui aussi est sorti diplômé en 2015. Daniel Fletcher, passé par la très prestigieuse école Central Saint Martins de Londres, a aussi fait ses gammes chez Louis Vuitton, Lanvin, Burberry ou Victoria Beckham. A la commande de sa propre marque, il a décollé sans mal grâce à l’aide d’Opening Ceremony qui a distribué sa première collection.

C’est son engagement sur des sujets sociétaux et son habileté à traduire des problématiques politiques en vêtements qui le distingue. Après s’être intéressé au phénomène de la gentrification urbaine et de la relégation des plus pauvres aux périphéries, il a été particulièrement mis en lumière grâce à sa collection du printemps-été 2017, intitulée “Stay”, parti-pris contre le Brexit. Celle de l’automne a pris la forme d’un meeting de campagne électorale. Grands trenchs, shorts de gym, casquettes à message, combinaisons zippées, rayures à tout va… Ses silhouettes sportswear cherchent à avoir un propos sur l’époque sans en devenir revendicatives ni désenchantées.

Après trois ans passés chez Balmain, dans le studio d’Olivier Rousteing, Ludovic de Saint-Sernin s’émancipe et cherche à s’exprimer par lui-même. Né à Bruxelles, le créateur de 26 ans partage aujourd’hui son temps entre Paris et Londres. Ses premiers pas ont eu lieu en juin lorsqu’il a présenté dix silhouettes unisexe (mais présentées sur de jeunes hommes) pour l’été 2018, où l’on reconnaît un goût pour le minimalisme et les couleurs naturelles. Parmi les références du designer : Lemaire, Céline, Azzedine Alaïa, Loewe…

Le tout est néanmoins personnalisé et relevé d’un travail sur les formes et d’un jeu sur la sexualisation des corps. Des disques de céramique reliés entre eux composent une veste, le débardeur n’est pas en coton mais en cuir, le manteau en vinyle effet mouillé se porte à même la peau. Le trench beige classique se retrouve clouté façon mauvais garçon, le pantalon doté de lacets explicites à l’entrejambe (sur l’avant comme sur l’arrière), les chaussons de danse voisinent avec un jockstrap à dénouer… Une certaine invitation au voyage.

 

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