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OLFA FEKI : PASSIONNÉE, PERSISTANTE ET AMBITIEUSE

La richesse de la Tunisie, c’est son histoire, sa culture, mais aussi ses artisans et leur savoir-faire.. Olfa Feki en témoigne et nous parle du statut de commissaire en quête des nouveaux talents  

– Si un jour vous vous rencontrez dans la rue, comment vous présenteriez-vous en dehors de votre métier ? (enfance, études, caractère…)

J’ai toujours su depuis toute petite que je voulais être architecte et QUE architecte. J’ai fais des études d’architecture et eu mon diplôme très vite par la suite, mais ma passion pour l’art l’a finalement remporté.

Indépendante depuis mes 17 ans, j’ai fais toutes sortes de petits boulots, de cours de guitare à réparation d’ordinateurs dans une entreprise, à fixer pour photographes…. Je n’aime pas rester sans rien faire. Entrepreneur, architecte et commissaires à 22ans, j’ai hâte de prendre ma retraite déjà…

J’adore les aventures et surtout la prise de risque, j’adore les voyages et les découvertes, ce qui tombe très bien, étant commissaire je parcours le monde, je rencontre de nouvelles personnes tout en vivant des expériences uniques.

Rancunière ( oui je l’avoue ) passionnée, persistante et ambitieuse.

J’adore les livres, la cuisine, les chiens et les petites soirées entre amis. Je n’aime pas beaucoup sortir à Tunis mais j’adore recevoir des gens chez moi.

Mariée depuis peu de temps, coup de foudre ! J’ai trouvé ma moitié très vite ! et ça a été une motivation en plus pour faire de plus grandes choses et montrer que tout est possible quand on y met le cœur et quand on s’entour des meilleurs

Crédit Photo : Zied ben Romdhane
Crédit Photo : Zied ben Romdhane

– Comment avez-vous pris ce chemin alors ?

Par accident, très long a expliquer, je ne pourrai sans doute pas trouver le fil conducteur. Le fait que je ne voulais pas rester sans rien faire même pendant les vacances et mon amour pour la photo a fait que j’essayais de faire tout ce qui toucher à ce domaine.

J’avais constaté que j’étais dans un terrain quasi-vierge et que la scène artistique manquait d’expertise.

Je me suis formé à travers les expériences durant mes études d’architecture et je suis encore sur cette voie d’apprentissage et de formation.

– « Pour apprendre à connaître, apprends à douter. » Dit Jacques Delille. Avez-vous déjà douté de vos choix artistiques ? si c’est le cas, pour quelles raisons ?

On est toujours dans le doute j’imagine, même dans la vie quotidienne, on doute parce qu’on veut viser plus haut.

– Parlez-nous un peu de vos débuts dans le domaine de l’art.

J’ai commencé par des boulots de logistique, fixer, organisateur de workshop, conférences…etc. Le fait qu’à cette époque il n’y avait pas d’antenne je dirais m’a permise de facilement trouver ce type de contrats.

Ca me fascinait de travailler avec photographes et des artistes de renoms et encore plus avec des fondations et des institutions connues tel que le World press, Magnum ou encore NOORimages.

Ca me permettais de gagner ma vie tout en continuant mes études et en même temps pouvoir consacrer mon temps a une activité intéressent.

J’ai cofondé la maison de l’image en 2012, que j’ai quitté en 2015 pour partir m’installer au Caire pour diriger la biennale d’art contemporain, repartie au Maroc par la suite, car j’avais décidé de m’intéresser de près au monde arabe.

Par la suite j’ai été recruté par une agence très connue à Amsterdam « NOORimages » dans laquelle j’ai travaillé pendant un an. Entre temps et depuis le tout début j’ai continué mon métier de commissaire. Je travaille en tant que consultante pour quelques musées et institutions, on fait souvent appel à moi pour des jury et pour du consulting. Je viens d’inaugurer la biennale des photographes du monde arabe contemporain dont je suis commissaire de l’espace principale. Et j’ai encore deux années bien chargées qui m’attendent surtout avec le festival de Kerkennah que je suis entrain d’organiser pour 2018.

– Quels étaient les moments forts de votre carrière ?

L’expérience du Caire, une des plus magiques et plus difficile projet que j’ai eu à faire.

La biennale de l’institut du monde arabe, car c’est très difficile de s’imposer dans une institution très politique.

Le combat pour la réussite du festival de Kerkennah

Crédit photo : Karim Hayawan
Crédit photo : Karim Hayawan

– Après avoir parlé d’art, pouvez-vous vous représentez, mais cette fois sous votre casquette de commissaire.

Etre commissaire c’est tout d’abord être humain. C’est un métier qui requière beaucoup de patience mais surtout de connaissances. On doit toujours être à jour par rapport à ce qui se passe dans le monde.

Un métier qui consiste tout d’abord au respect de l’œuvre et du travail de l’artiste pour le représenter au mieux les attentes de ce dernier. Un métier qui n’est malheureusement pas reconnu en Tunisie. Du coup quand je suis à Tunis c’est que travaille à distance sur d’autres projets en dehors de mon pays

– Selon Oscar Wilde « Lorsque les critiques diffèrent, l’artiste est en accord avec lui-même. » De quoi vous critique-t-on généralement ?

Au début: d’être trop jeune pour ce domaine.
Aujourd’hui: d’être “TOUJOURS” jeune mais encore têtue.
et comme Jean d’Ormesson l’a bien dit: “Avant j’étais jeune et con, aujourd’hui je suis un vieux con”
je pense donc que cet étiquette restera à jamais la, mais à quoi bon en faire toute une histoire quand on réussit ce qu’on entreprend.

– Comment évaluez-vous la scène artistique actuelle ?

C’est une question à laquelle je ne veux d’habitude pas répondre car je peux être très sévère.

Beaucoup de talents, certes mais pas assez riche ( En terme de corps de métier, on a beaucoup d’artistes qui remplirait 100 fois les peu de galeries qu’on a ) Manque de responsabilité des acteurs culturels mais pire encore du gouvernement.

Nos artistes sont très bien représentés à l’étranger mais n’ont pas ce même “prestige“ localement.

Et il faut l’admettre, mise à par quelques évènements phares, la scène n’est pas très dynamique en terme d’activités et d’espaces. Il y’a encore du travail sur la planche mais ce qui réconforte c’est que les artistes progressent tous seuls très rapidement.

Je dirais pour finir une a une excellente scène culturelle mais avec l’inexistence d’un marché de l’art

Crédit photo : Amine Landoulsi

– Dans un monde où tout devient « une marchandise », arrivez-vous à trouvez un équilibre entre créer et gagner ?

Je pense que qu’il fait être très intelligent dans ce domaine. Et je crois aussi que tous les commissaires au monde mais surtout les métiers en freelance ont toujours ce même problème.

Entre l’entreprenariat et le commissariat j’ai réussi à trouver mon compte.

Ce qui me déçoit par contre c’est que peu importe le projet, il faut que je quitte la Tunisie à chaque fois, vu que c’est toujours à l’étranger. Ce qui est assez fatiguant à moins de choisir de la quitter pour de bon . 

– Si vous n’étiez pas commissaire, que seriez-vous ?

Ecrivain ou chef cuisinier… qui sait j’ai encore tout le temps devant moi, surtout que je suis jeune !

– Pouvez-vous nous parler de vos projets à court et à long terme ?

Je ne peux pas tout dévoiler par contre, pas encore en tout cas.

La biennale qui est encore en cours et qui dure jusqu’à Novembre

Bamako en décembre

#Kerkennah01 en Juin 2018

Une autre exposition à Paris sur le moyen orient en 2018.

Pour le reste il faudrait suivre les actualités 😀

 

– Votre idéal artistique ?

Un budget illimité pour un festival ou une exposition, liberté totale pour l’artiste et pour le commissaire. Pas de contrainte d’espace, politique ou sociale.

 

– Mot de la fin.

Je ne remercierai jamais assez ceux qui ont toujours cru en moi et Je remercie d’avance ceux qui me feront confiance dans l’avenir, et ceux de qui j’apprendrai toujours un peu plus sur ce monde qui finalement nous éblouit, nous représente et nous rapproche d’une manière ou d’une autre. Je ne me lasserai jamais de ce que je fais, car finalement ca représente tout ce que la vie nous a appris et nous apprends toujours à savoir: la rencontre, la surprise, la découverte, la fascination, l’image, le temps, la beauté, la dénonciation, l’information, la représentation, le délire et la joie.

PHOTO A LA UNE : Sophia Baraket

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