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Shéhrazade Amous: Une voix à plusieurs voies…

Pour débuter cet interview je voudrai revenir sur le phénomène SHERAZED, si vous nous présentiez cette femme bourrée de talents ?

Je m’appelle Shéhrazade Amous, née au milieu des années 80

Bourrée de talents ? C’est un peu exagéré  depuis mon jeune âge, j’ai été attirée par les domaines artistiques et principalement par la musique, une discipline dont j’ai fait mes études supérieures et que j’essaie de développer petit à petit, malgré ma timidité extrême.

 

Expliquez-nous brièvement votre parcours scolaire et universitaire ?

J’ai eu mon Bac Economie Gestion en 2005. Je n’étais pas une élève studieuse, je restais souvent dans mon coin à écouter de la musique ou à dessiner. Le bac en poche, j’ai intégré l’institut supérieur de musique et musicologie de Tunis, et suis actuellement en 2ème année Master.

Pour quelles raisons avez-vous choisi d’entreprendre des études de musicologie ?

Malgré la réelle passion que je vouais à la musique, je n’avais jamais songé sérieusement à en faire le sujet de mes études. J’étais plus orientée vers l’architecture. Mais, conséquence de ma paresse lycéenne, j’ai sué pour avoir le bacc, et malgré cela, le score qu’il me fallait pour intégrer l’école d’architecture n’y était pas. Pour ne pas passer une année blanche, et encouragée par quelques membres de ma famille, j’ai opté pour l’institut supérieur de musique, le temps de préparer le concours de réorientation…mais, quelques mois d’études au sein de l’institut de l’avenue de Paris m’ont décidé à continuer mes études de musique.

 

Encourageriez-vous des musiciens tunisiens de s’installer à l’étranger avec la conjoncture actuelle ?

C’est vrai que vivre en Tunisie n’est pas de tout repos pour tous les artistes et spécialement les musiciens. Le public n’est pas toujours au rendez vous, les producteurs sont une denrée rare, les investisseurs également. Les musiciens manquent souvent d’opportunités pour bien se former, et les conditions ne sont pas forcément encourageantes pour que les artistes puissent travailler et se donner pleinement à leur passion, malgré tout cela, je vois des jeunes optimistes et créatifs qui luttent et qui défendent leur travail et leur liberté. C’est peut être justement grâce à cette lutte que nos artistes sont arrivés à être ce qu’ils sont aujourd’hui. A l’étranger ils se seraient peut être vus changer, et l’authenticité de leur cachet bien de chez nous se serait peut être teinté d’influences standards. J’en parle au conditionnel, parce que voir ailleurs est certainement artistiquement enrichissant, mais mon idée est que d’un côté la difficulté incite à la création malgré tout et de l’autre, notre pays a besoin, aujourd’hui plus que jamais, de voir ses jeunes lutter pour leur réussite, certes, mais aussi pour lui donner l’envergure artistique international qu’il mérite.

Vous êtes aussi comédienne et modèle notamment l’égérie de certaines marques locales   envisagez-vous un jour de vous consacrer uniquement à une seule discipline ?

Je ne suis pas mannequin professionnel et je n’ai jamais songé à le devenir, ni je ne suis actrice d’ailleurs. Je n’ai jamais fait de formation en mannequinat, ni pris des cours de théâtre, j’ai juste « profité » des opportunités qui se sont présentées à moi dès mon jeune âge. J’ai ainsi commencé par des publicités et j’ai été prise au jeu. Ensuite les choses ont continué à se faire, je dirais presque naturellement, et je me suis vue proposer des shooting, et même des petits rôles à la télévision. Tout cela représente pour moi l’opportunité de toucher à plus d’une discipline artistique et contribue à ma formation que je voudrais pluridisciplinaire. L’art pour moi est une espèce de vase communiquant, chaque discipline verse dans l’autre. Chaque fois qu’il m’est donné de tenter une expérience nouvelle, je fais de mon mieux, avec les moyens du bord ☺, pour la réussir, et en sors à chaque fois artistiquement plus riche.

Le fait d’être polyvalente et de toucher à plusieurs domaines artistiques ne serait-il pas une contrainte pour votre avenir d’artiste ?

Toucher à plusieurs disciplines artistiques contribue à ma formation en tant qu’« artiste » et assouvie mon besoin de vivre des expériences différentes dans le domaine de l’Art. Je n’en demeure pas moins convaincue que pour réussir il faut concentrer ses efforts à un, voire deux disciplines maximum. Après, c’est surtout la manière de gérer son temps qui fait que l’on arrive à bien mener les différents projets.

Avez-vous éprouvé des difficultés à travailler avec des tunisiens ?

😀 Il faut dire que j’ai eu plus de difficultés que de facilités. Mais je ne viens pas d’ailleurs, je suis une jeune tunisienne qui se retrouve confrontée aux difficultés que tout un chacun rencontre lorsque commence sa vie « professionnelle ». Toutefois, les mauvais coups forgent, et l’expérience se fabrique petit à petit. Il ne faut jamais se laisser abattre, quoi qu’il arrive!

 

Travaillez-vous seulement avec des tunisiens ?

Non, j’ai travaillé avec des étrangers également, à plusieurs reprises, dans le cadre des différentes disciplines dans lesquelles j’ai pu bosser.

Vous gérez aussi une boite de communication, si vous nous en parliez un peu plus ?

En effet! Je gère une agence de communication que je ne citerai pas. C’est encore un bébé, qui fait ses premiers pas dans le monde super compétitif qu’est celui de la communication. Ce n’est pas un travail facile tous les jours, bien que très enrichissant et agréable, et il donne beaucoup de satisfactions, lorsque le but est atteint et que le client est satisfait. Pour les raisons que nous avons évoquées précédemment, il faut beaucoup de patience et de persévérance. Mais j’y crois fort!

Expliquez-nous le concept de votre agence ?

Nous faisons du conseil en communication, créons des identités visuelles, des Sites Web, de l’événementiel musical, de la composition de musique de films/ bandes annonce/ Pub/ documentaires…

Pourquoi avoir choisi d’exercer plusieurs métiers ?

Ce n’est pas vraiment un choix.

Après m’être investie dans des études de musique en pensant que c’était un domaine vierge et que tout était à construire, et après la déception de voir disparaitre des « spécialités » d’études limitant le choix de mon cursus, j’ai décidé d’avoir quand même une maîtrise pour ensuite intégrer le Master, et j’ai commencé à « gagner » ma vie en touchant à un domaine moins précaire que celui musical, mais pas franchement loin du domaine artistique. Ainsi, et pour avoir eu la chance d’expérimenter l’événementiel et le marketing à différentes occasions, j’ai décidé de continuer dans cette voie.

Quant à l’acting, la pub et le mannequinat, se sont surtout des occasions pour moi de vivre des expériences artistiques peu communes, qui m’éloignent de la routine et qui parfois arrondissent mes fins de mois 😀 ! Ca reste des hobbies, que j’appréhende, toutefois, avec sérieux et en n’omettant jamais de bien étudier les propositions qu’on me fait, sans peur de l’échec. Car au final, tout ce que j’entreprend, constitue l’expérience que j’acquiert en osant essayer.

 

 

Considériez-vous l’art que vous exerciez un art élitiste ?

Franchement non! 🙂 Dans le sens où dans la musique quand je crée, je ne vise pas un public « cible », ce n’est pas comme si je créais un concept pour une pub! L’inspiration musicale est le fruit d’un contexte temporel, géographique ou psychique (ou les trois en même temps). Un mot, une image, une rencontre, une joie, une douleur etc., peuvent donner un air de musique. Le quel air atteindra celui qui selon les mêmes conditions contextuelles, mais aussi et surtout, selon ses goûts, y serait sensible. Le tout après, est une question de diffusion 🙂

Maintenant si d’aucun pensent que jouer du piano est élitiste!

 

Votre rêve le plus fou ?

Voir notre pays dépasser cette crise.

Voir un calendrier culturel chargé.

Pouvoir être sur scène tout le temps et partout dans le monde.

Réussir tout simplement.

Votre regard par rapport à la situation actuelle de nos artistes tunisiens ?

Nos artistes s’en sortent pas mal malgré les conditions qui les tirent plus vers le bas que le contraire. Ils essaient de s’en sortir, ils luttent, se sont de vrais « guerriers » (dans le bon sens du terme). Ils ont vraiment beaucoup de mérite.

 

Seriez-vous prête à défendre l’art, les artistes tunisiens et la liberté d’expression ?

Evidemment !! Il le faut! Nous devons tous soutenir les artistes tunisiens et nous battre pour la liberté d’expression, et ne jamais nous arrêter, ne jamais baisser les bras quoi qu’il arrive, toujours continuer d’avancer. Nous avons déjà fait un bon bout de chemin, il ne faut pas nous arrêter, et surtout pas faire marche arrière.

Il faut défendre la liberté d’expression, la liberté de penser, accepter la différence, savoir écouter l’avis contraire… En gros s’accepter les uns les autres et de apprendre à cohabiter en paix. C’est comme cela que la Tunisie s’est construite depuis plus de trois mille ans, et qu’elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui :).

 

A qui ou à quoi devez-vous votre succès ? Qui vous a aidé à réussir dans plusieurs domaines qui sont complémentaires à ta première formation je dirai ?

J’ai été aidée par ma passion ainsi que par ma détermination, avant toute chose. Ensuite, par des rencontres (une pensée à Monsieur Zouheir Belhani Allah yarhmou qui nous a tellement appris), des encouragements, les expériences positives et le besoin de toujours aller de l’avant et de s’ouvrir à de nouvelles perspectives.

 

Quant au succès, être reconnue dans la rue, est plus une notoriété « visuelle » que donne la parution sur l’écran de télévision, que la preuve d’une vraie réussite. Les gens me reconnaissent, mais ne me connaissent pas encore. C’est encourageant et flatteur, car ça représente la récompense non négligeable, pour un travail accompli avec amour et sincérité, dans le respect de soi et du public. J’espère ne jamais décevoir ceux qui croient en moi.

 

Je reste très admiratif face à ce parcours un peu décalé mais finalement des disciplines qui s’entrecroisent et qui peuvent fusionner.

Quelle est votre conception du travail d’une musicienne en 2016?

Enormément de créativité, des albums en cours, des covers, des singles , des collaborations avec d’excellents musiciens, que du bonheur ☺

 

Le futur, c’est quoi pour vous?

C’est très flou! Je préfère être optimiste et travailler, en me focalisant sur le présent pour réussir ce que j’entreprends et ensuite, le moment venu, prendre mon envol, en laissant un peu faire le temps, car il s’agit aussi de persévérer et de résister.

 

Quel type de projet n’acceptez-vous pas?

Je n’accepte tout simplement pas les projets qui ne me touchent pas. Je ne fais rien sans passion et sans amour. Que ça soit une musique, une chanson, un rôle ou une photo, mon travail ne doit pas me montrer sous un visage qui n’est pas le mien, ni véhiculer des idées qu’au fond de moi je répugne. Le concept et la finalité du travail, sont les moteurs qui me permettent de donner le meilleur de moi même. En fait, en plus mon intelligence, je compte beaucoup sur mon instinct dans la décision de m’engager ou pas.

L’importance de la communication?

La communication est bien sur très importante dans la construction d’une carrière. Si tu sais te montrer sous ton meilleur jour, si tu arrives par un regard à toucher l’autre, si un mot de toi reste graver dans son esprit, ton succès est assuré et la longévité de ta carrière a des chances de réussir. L’image est importante, quoi que l’on dise, car c’est par elle que le fond apparait. Il est à ce stade important de préciser que c’est d’image positive que je parle, car la notoriété trop mal acquise ne fructifie jamais…

 

Des projets en cours ? Lesquels ?

Un album important avec mon groupe Cartagena. Nous travaillons dessus depuis des années.

Quelques couvertures de magazines/des singles/compositions personnelles

Collaboration avec d’autres musiciens.

Apparition télévisé au mois de ramadan

Des clips

Des photos

quoi rêvez-vous aujourd’hui?

Vivre mes passions, réussir mon travail, et passer du temps avec les gens que j’aime

 

Et la Tunisie ?

La Tunisie est solide, elle va s’en sortir, je n’en doute pas !!

 

Pour conclure :

Pour conclure, une pensé à la nouvelle Tunisie qui se construit , et qui rallume en chacun de nous l’envie de travailler plus, pour qu’elle retrouve sa place parmi les grands de ce monde. La réussite de l’artiste aussi contribue à la bonne renommée de son pays.

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