• Categories
  • The Latest Style
  • Archives

SAMI BEN MLOUKA: PRODUCTEUR, UN METIER DE PASSION

Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image
Post Image

1- Si un jour vous vous rencontrez dans la rue, comment vous présenteriez-vous en dehors de votre art ? (enfance, études, caractère…)

Un tunisien qui travaille pour l’intérêt de son pays.

2- Comment avez-vous pris ce chemin alors ?

Ce chemin m’a été imposé mais d’une manière indirecte. En étant petit, j’ai toujours accompagné mon père sur les tournages des spots publicitaires, j’ai joué dans des dizaines de pub comme acteur pour des produits laitiers, des produits alimentaires, je fais des enregistrements de voix off et cela m’amusais beaucoup à cet âge, c’étais comme aller au manège sur certains projets, c’était du divertissement, un jeu. Je montais sur un chariot de travelling et je me prenais pour un conducteur de train. Je le suppliais de m’intégrer dans un tournage même en tant que figurant, par contre sur d’autres projets j’avais juste envi de rentrer au quartier jouer avec mes amis tellement c’était long et tellement on répétait les prises. Par la suite, je l’ai accompagné sur les plateaux de tournages des films et des séries qu’il produisait. J’ai toujours été fasciné par l’équipe d’un tournage et l’ambiance qui y régnait. Je ne comprenais absolument pas ce qu’il faisait, mais la première fois ou j’ai vu après de longues semaines de travail, le produit final, j’ai tout de suite vu ce qu’il pouvait procurer comme émotions au gens. Je me suis dis, je ne pourrais jamais faire autre chose que ce métier.

3- « Pour apprendre à connaître, apprends à douter. » Dit Jacques Delille. Avez-vous déjà douté de vos choix artistiques ? si c’est le cas, pour quelles raisons ?

L’expérience m’a appris que le doute est un outil indispensable pour avancer. Je suis une personne qui se remet en question sans arrêt, sur chaque projet que j’entreprend j’essaie de faire une autocritique, d’analyser toutes les situations avec un objectif unique de toujours améliorer et optimiser au maximum mes prises de décisions.  Les choix peuvent être bons ou mauvais, en faisant des choix nous pouvons avancer et cela nous permet d’entreprendre. Dans le cas inverse nous serons seulement suiveur et nous subissons les choix des autres.

Je finis toujours par assumer mes choix.

4- Parlez-nous un peu de vos débuts dans le domaine de la production.

Après avoir terminé mes études à l’INSAS à Bruxelles, je suis revenu en tunisie, pour intégrer la CTV avec mon père. Je ne vous le cache pas j’avais très peur au début, car  il fallait acquérir de l’expérience et surtout apprendre très rapidement. Je fais toujours l’analogie de mes débuts «  comme quelqu’un  qui essaie de rattraper et monter dans un train qui est en marche qui roule à toute vitesse “.  J’intégrai une des grandes sociétés de production en tunisie qui a une trentaines d’années de vécu, son CV est assez lourd, que ce soit dans le domaine de la production de films tunisiens, ou dans la production exécutive des films étrangers comme par exemple Star Wars épisode 1 et épisode 2, la vérité si je mens 2, peut être, Nine miles down etc et qui a été pionnière dans de le domaine de la production des spots publicitaires. A mon arrivée, j’étais entourée par les gens les plus compétents et les plus expérimentées dans le domaine de la production, leur soutien et leur confiance m’ont beaucoup aidé pour faciliter mon démarrage et mon intégration. J’ai eu la chance de côtoyer des réalisateurs, des chefs opérateurs, des chefs décorateurs, des directeurs de production etc, qui m’ont beaucoup encouragé à prendre de nouvelles initiatives.  J’ai dus beaucoup travailler et faire beaucoup de concessions. Je travaillais plus de 15h par jour, j’ai mis entre parenthèse ma vie sociale et ma vie familiale.

5- Quels étaient les moments forts de votre parcours ?

Dans ma jeune carrière, je peux qualifié deux moment forts. Le premier moment, ma réussite au concours d’entrée d’une des écoles des plus prestigieuses de cinéma L’INSAS. Ou j’ai pu recevoir la formation et les conseils de très grands professeurs. Mon passage de l’ISAMM à l’INSAS m’a permis d’approfondir mes études, d’acquérir plus de connaissances que ce soit sur le plan théorique que sur le plan pratique.  De rencontrer des gens de différentes nationalités, de différentes cultures. J’ai eu la chance d’assister sur des tournages et de pouvoir observer leur manière de travailler. Cette expérience a été un grand tremplin dans ma vie. je suis partis avec un objectif en tête, apprendre le plus possible pour revenir en Tunisie avec le maximum de connaissances.

Le deuxième moment , c’est d’avoir assurer la production exécutive du film Allemand «  Le club des cinq 4 » ou on était en concurrence avec le Maroc qui est devenu une des meilleure destination pour la production cinématographique et dans l’autre sens, la Tunisie de l’après révolution avec tout ce qu’on connais comme problème. Finalement, on a pu les convaincre de venir travailler ici en présence d’une équipe composée d’une cinquantaine de personne entre acteurs et techniciens Allemand.

 6- Après avoir parlé d’art, pouvez-vous vous représentez, mais cette fois sous votre casquette de producteur .

Un jeune producteur.

7- Selon Oscar Wilde « Lorsque les critiques diffèrent, l’artiste est en accord avec lui-même. » De quoi vous critique-t-on généralement ?

Quelque soit le type de critique, cela nous fait avancer. Certains trouvent que je travaille beaucoup au service d’un film et d’autres trouvent que mon implication peut être excessive. Je pense que la vérité est entre les deux. J’essaie à chaque fois de trouver le bon équilibre.

8- Comment évaluez-vous la scène artistique actuelle ?

La scène artistique est en pleine ébullition, chaque jours nous voyons naître de nouveau groupes de musique, de nouveaux spectacles, de nouvelles pièces de théâtre avec l’évolution technologique l’art devient de plus en plus accessibles à tout le monde; il devient plus facile de créer, de produire et de diffuser. Depuis la révolution, nous avons vu l’apparition de nouveaux artistes bourrés de talent, pleins d’ambition et surtout que le public tunisien a été privé pendant un moment de cette scène. Aujourd’hui, on remarque que le public est preneur et qu’il a envi de découvrir. Il est prêt à se déplacer d’une ville à une autre rien que pour voir une nouvelle pièce, un nouveau film, un nouvel artiste qui se reproduit. Je me rappel pendant la sortie du  film « Dicta Shot » nous recevons des messages tous les jours pour savoir si le film va passer dans telle ou telle ville, malheureusement avec toute la bonne volonté, nous n’avons pas pu assuré des projections dans des régions du territoire, par manque d’infrastructures.

Après les JCC, nous avons vu la sortie de plusieurs films  et cela est très encourageant et cela donne à mon avis plus de motivation à tous les acteurs de ce secteur de continuer sur cette belle lancée et pourquoi pas en faire plus pour les années à suivre. Cette scène artistique mérite tout notre soutien et surtout le soutien des pouvoirs publics, c’est en ce point que réside le vrai enjeux.

9- Dans un monde où tout devient « une marchandise », arrivez-vous à trouvez un équilibre entre créer et gagner ?

Oui, nous arrivons aujourd’hui à trouver cet équilibre. Nous avons une boite de production qui est multidisciplinaire entre les films de commande et la prestation de service qui sont des opérations commerciales, nous arrivons à financer les films que nous produisons.

10- Si vous n’étiez pas producteur , que seriez-vous ?

Producteur 🙂 et ingénieur du son

11- Notre pays a connu des changements radicaux sur certains points, quel impact avaient ces changements sur votre carrière ?

Je suis arrivée en pleine crise. On a du s’adapter aux problèmes économiques que rencontre notre pays. On a vu une détérioration dans beaucoup de domaines, notamment dans le domaine audiovisuel.La production a été réduite de moitié. On a du travailler deux fois plus et réfléchir à des solutions pour résister à cette crise et essayer au maximum de maintenir les emplois.

12- Pouvez-vous nous parler de vos projets à court et à long terme ?

Nous venons juste de terminer un nouveau long-métrage sur l’histoire de Saint-Augustin, que nous coproduisons avec Imed Dabbour et le ministère de la culture Algérien réalisé par Samir Seif le réalisateur Egyptien , c’est un film historique à 80% avec une petite partie moderne qui représente seulement 20%. Nous avons tourner en Algérie à Annaba et à souk ahras, nous avons aussi tourné à Rome, Milan et Paris mais toute la partie historique a été tourné en Tunisie et actuellement nous sommes en post-production.  En même temps, nous sommes  en tournage pour notre nouvelle série qui sera diffusée sur Hannibal TV pendant le mois de ramadan réalisée par Madih Belaid avec la présence de grandes têtes d’affiche tunisienne comme Zahira Ben Ammar et en plus la présence de deux stars Libanaises Elie Chalouhi qui aura le rôle principal et Joelle Frenn, nous avons déjà commencé le tournage à Beyrouth au Liban pendant 10 jours et nous avons attaquer le tournage à Tunis pour 8 semaines de tournage. Nous sommes aussi en développement pour le nouveau long-métrage du réalisateur Anis Lassoued «  Gadha » et nous avons quelques court-métrages que nous comptons produire juste après le mois de ramadan de Nidhal Guiga, Mohamed Ajbouni et Mervet Madani Kamoun.

14- Mot de la fin. 

Merci pour cette interview. Vous êtes une de nos interfaces pour le public. Le public a souvent accès à nos œuvres et non pas à notre vécu. Donc c’est une chance pour moi de pouvoir partagé cette expérience avec vos lecteurs. Et j’espère que mon parcours donnera envi à certain de vos lecteurs de se lancer dans ce métier passionnant.

  • Show Comments (0)

Your email address will not be published. Required fields are marked *

comment *

  • name *

  • email *

  • website *

You May Also Like

JCC 2018 : une nouvelle plateforme d’échanges du 3 au 10 Novembre

La Session 2018 des Journées cinématographiques de Carthage a introduit une nouvelle section « FOCUS » ...

Les questions que vous avez toujours voulu poser à un Père Noël professionnel

« Les enfants me respectent. Les ivrognes un peu moins. » Étant donné que le Père ...

OLFA FEKI : PASSIONNÉE, PERSISTANTE ET AMBITIEUSE

La richesse de la Tunisie, c’est son histoire, sa culture, mais aussi ses artisans ...

Lettre d’une rêveuse Tunisienne à elle même …

Chers moi du passé, Je me souviens de ta stupéfaction à l’ouverture de cette ...

Signature, quand la gastronomie rime avec l’art …

Signature, une nouvelle enseigne qui dispose de son propre pavillon, un lieu magique où ...

Des locaux de coworking (presque) trop beaux pour travailler

Le risque quand la déco est spectaculaire ? Passer plus de temps à l’admirer qu’à ...